Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/253

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LA FILLE DU GEÔLIER.

Il me semble qu’ils n’ont pas plus le sentiment de leur captivité que je n’ai celui de gouverner Athènes. Ils mangent bien, ont 1’air gai, causent de maintes choses, mais point de leur propre gêne ni de leurs désastres. Parfois pourtant, un soupir entrecoupé échappe, comme martyrisé, à l’un d’eux ; et aussitôt l’autre lui adresse une si douce remontrance, que je souhaiterais d’être moi-même ce soupir pour être ainsi grondée, ou du moins la personne qui le pousse pour être ainsi consolée.


LE GALANT.

Je ne les ai jamais vus.


LE GEÔLIER.

Le duc en personne est venu pendant la nuit secrètement, ainsi qu’eux-mêmes. Pour quelle raison, je l’ignore.

Palémon et Arcite paraissent à la fenêtre de la prison (14).

Tenez, les voilà. C’est Arcite qui regarde dehors.


LA FILLE DU GEÔLIER.

Non, monsieur, non ; c’est Palémon. Arcite est le plus petit des deux ; vous pouvez le voir en partie.


LE GEÔLIER.

Allons, ne les montrez pas au doigt. Eux, ils ne voudraient pas faire de nous leur point de mire. Hors de leur vue !


LA FILLE DU GEÔLIER.

C’est une fête de les regarder. Seigneur ! quelle différence entre les hommes !

Le geôlier, sa fille et le galant sortent.

PALÉMON.

— Comment allez-vous, noble cousin ?


ARCITE.

Comment allez-vous, seigneur ?