Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/276

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j’ose vous assurer — que vous trouverez en moi une affectueuse maîtresse.


ARCITE.

Si je ne le fais pas, — que je subisse ce qui fit toujours horreur à mon père, — la disgrâce et les coups !


THÉSÉE.

— Allez, ouvrez la marche, vous l’avez bien gagné… — Il en sera ainsi. On vous rendra tous les honneurs — dus à la gloire que vous avez gagnée ; autrement, ce serait inique. — Diantre ! ma sœur, vous avez un serviteur — qui, si j’étais femme, serait bientôt le maître, — mais vous êtes sage.


ÉMILIE.

Oui, je l’espère, seigneur, trop sage pour cela.

Fanfare. Ils sortent.

SCÈNE V

[Une salle dans la prison.]
Entre la fille du geôlier.

LA FILLE DU GEÔLIER.

— Que tous les ducs et tous les démons rugissent, — il est en liberté ! J’ai risqué l’aventure pour lui, — et je l’ai mené dans un petit bois — à un mille d’ici. Je lui ai indiqué un cèdre qui, — plus haut que tous les autres, s’étend comme un platane — le long d’un ruisseau ; il restera là caché — jusqu’à ce que je lui apporte une lime et des aliments ; car — ses bracelets de fer ne sont pas encore enlevés. Ô amour ! — quel enfant intrépide tu es ! Mon père, — plutôt que de faire cela, aurait enduré le froid des fers. — Je l’aime au-delà de tout amour, au-delà de toute raison, — de tout bon sens, de toute prudence. Je le lui ai