Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/281

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qu’Émilie t’appartient, je te pardonnerai — le mal que tu m’auras fait, ma mort même, — si alors tu triomphes ; et si, dans les ombres, les braves âmes — de ceux qui sont morts virilement me demandent — des nouvelles de la terre, ils obtiendront de moi cette seule réponse, — que tu es brave et noble.


ARCITE.

Soyez donc satisfait ; — retournez à votre épineuse demeure. — À la faveur de la nuit, j’y viendrai — avec des aliments réparateurs ; ces chaînes, — je les limerai ; vous aurez des vêtements, et — des parfums pour détruire cette odeur de prison ; après, — quand vous voudrez vous mettre en garde, dites seulement : « Arcite, — je suis prêt ! » vous aurez à votre choix — une épée et une armure.


PALÉMON.

Ô ciel ! un être aussi noble — ose-t-il soutenir une cause aussi criminelle ! Il n’y a — que l’unique Arcite ; il n’y a qu’Arcite — pour avoir tant de hardiesse en une telle affaire.


ARCITE, ouvrant les bras à Palémon.

Bien-aimé Palémon…


PALÉMON.

— Je vous embrasse, vous et votre offre ; c’est pour votre offre seulement que je le fais, monsieur ; quant à votre personne, — je ne puis, sans hypocrisie, lui souhaiter — rien de plus que l’entaille de mon épée.

Fanfare de cors.

ARCITE.

Vous entendez les cors ; — rentrez dans votre solitude, de peur que notre convention — ne soit entravée avant l’exécution. Donnez-moi votre main ; adieu ! — Je vous apporterai tout ce qui sera nécessaire ; je vous en prie, — du courage et de la force !


PALÉMON.

De grâce, tenez votre promesse, — et agissez le sourcil