Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/310

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

je ne croie pas — posséder jamais celle que j’aime, je veux préserver — l’honneur de mon amour et mourir pour elle, — fût-ce d’une mort diabolique !


THÉSÉE.

— Que peut-on faire ? Car maintenant je me sens gagner par la compassion.


PIRITHOÜS.

— Ne la rejetez pas, seigneur !


THÉSÉE.

Dites-moi, Émilie, — l’un des deux mort, puisque l’un des deux doit mourir, consentiriez-vous — à prendre l’autre pour mari ? — Ils ne peuvent tous deux vous posséder ; ce sont des princes — dignes de vos beaux yeux, et des plus nobles — qu’ait jamais vantés la renommée ; regardez-les, — et, si vous pouvez aimer, terminez ce différend. — Je donne d’avance mon assentiment… Consentez-vous également, princes ?


ARCITE ET PALÉMON.

— De tout cœur.


THÉSÉE.

Celui qu’elle refusera — devra donc mourir.


ARCITE ET PALÉMON.

De la mort, quelle qu’elle soit, que tu imagineras, duc.


PALÉMON.

— Si je tombe du haut de ces lèvres, je tombe favorisé, — et les amants encore à venir béniront mes cendres.


ARCITE.

— Si elle me refuse, la tombe du moins m’épousera, — et les soldats chanteront mon épitaphe.


THÉSÉE, à Émilie.

Faites donc votre choix.


ÉMILIE.

— Je ne puis, seigneur, ils sont tous deux trop accom-