Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/311

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plis ; — jamais, à cause de moi, il ne tombera un cheveu de ces deux têtes.


HIPPOLYTE.

— Qu’en adviendra-t-il donc ?


THÉSÉE.

Voici ma décision ; — et, sur mon honneur, elle prévaudra, — ou tous deux mourront !… Vous allez tous deux retourner dans votre pays ; — et, dans un mois, chacun de vous, accompagné — de trois loyaux chevaliers, reparaîtra à cette place même — où je vais ériger une pyramide ; et celui des deux — qui, devant nous tous ici présents, pourra forcer son cousin — à toucher le pilier dans une joute loyale et chevaleresque, — celui-là possédera Émilie. L’autre perdra la vie ainsi que tous ses amis ; — il succombera sans murmurer, — sans prétendre, en mourant, avoir des droits sur cette dame. — Ceci vous satisfait-il ?


PALÉMON.

Oui. Tenez, cousin Arcite, — je redeviens votre ami jusqu’à cette heure-là.


ARCITE.

Je vous embrasse.


THÉSÉE.

— Consentez-vous, ma sœur ?


ÉMILIE.

Oui, il le faut bien ; — autrement, il leur arriverait malheur à tous deux.


THÉSÉE.

Allons, serrez-vous la main de nouveau ; — et, si vous êtes gentilshommes, laissez dormir — cette querelle jusqu’à l’heure fixée, et tenez votre engagement.


PALÉMON.

— Nous n’oserions pas te tromper, Thésée.


THÉSÉE.

Allons, je veux — maintenant vous traiter comme des