Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/323

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LE GENTILHOMME.

De la part du noble duc votre frère, — madame, je vous apporte des nouvelles. Les chevaliers sont arrivés.


ÉMILIE.

— Pour finir la querelle ?


LE GENTILHOMME.

Oui.


ÉMILIE.

Que ne puis-je finir auparavant… — Quels péchés ai-je commis, chaste Diane, — pour que ma jeunesse immaculée soit aujourd’hui souillée — du sang de ces princes ? pour que ma chasteté — devienne l’autel où la vie de ces amants, — les plus nobles, les meilleurs qui aient jamais — fait la joie d’une mère, soit sacrifiée — à ma malheureuse beauté !

Entrent Thésée, Hippolyte, Pirithoüs et leur suite.

THÈSÊE, s’avançant.

Introduisez-les — au plus vite ! Il me tarde de les voir.

À Émilie.

— Vos deux amants rivaux sont revenus, — accompagnés de leurs beaux chevaliers. Maintenant, ma charmante sœur, — il va falloir aimer l’un des deux.


ÉMILIE.

Je préférerais tous les deux, — pourvu que ni l’un ni l’autre ne succombât prématurément à cause de moi.


THÉSÉE.

— Qui les a vus ?


PIRITHOÜS.

Moi, tout à l’heure.


LE GENTILHOMME.

Et moi.