Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/348

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jours ainsi, mais il se modifie suivant — la nature de ses pensées ; longtemps son regard — s’arrêtera sur son objet. La mélancolie — lui sied aussi noblement que l’enjouement à Arcite ; — mais la tristesse de Palémon est une sorte de joie — tempérée, comme si la gaîté le rendait triste — et la tristesse gai. Ces humeurs sombres qui — s’attachent si fâcheusement à d’autres, en lui — demeurent gracieuses.

Fanfares de cors. Les trompettes sonnent la charge.

— Écoutez comme ces éperons de la vaillance excitent — les princes à l’épreuve ! Arcite peut m’obtenir ; — et pourtant Palémon peut blesser Arcite jusqu’à — déparer son visage. Oh ! quels regrets — seraient suffisants pour un pareil désastre !… Si j’étais là, — je pourrais être nuisible ; car ils détourneraient leurs regards — de mon côté, et dans ce mouvement ils pourraient — manquer une parade ou omettre une attaque — réclamée par le moment même ; il vaut beaucoup mieux — que je ne sois pas là. Oh ! mieux vaudrait n’être jamais née — qu’être la cause d’un pareil malheur.

Fanfares. On crie : Vive Palémon !
Entre un serviteur.

Qui à l’avantage ?


LE SERVITEUR.

On acclame Palémon.


ÉMILIE.

— Il a donc vaincu. Cela était probable : — sa mine respirait le triomphe et le succès, et il est — sans aucun doute le premier des hommes… Je t’en prie, cours — et rapporte-moi ce qui se passe.

Fanfares. Cris de : Vive Palémon !

LE SERVITEUR.

Toujours Palémon !