Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/362

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

flèches vers les cieux, et maintes fois j’implorai de l’enfer ma vengeance.

» Alors l’impératrice s’imagina que j’étais fou. Elle et ses deux fils se travestirent en furies pour contreminer et surprendre mes projets ; elle se disait la Vengeance, eux, le Meurtre et le Viol.

» Je flattai quelque temps leur folle humeur, jusqu’au moment où mes amis, ayant trouvé une retraite propice, attachèrent ses deux fils à un poteau ; et alors notre juste vengeance fut satisfaite d’une cruelle manière.

» Je leur coupai la gorge, ma fille tint entre ses moignons le bassin où leur sang coulait ; et alors je réduisis en poudre leurs os, et j’en fis la pâte d’un pâté.

» Avec leur chair je fis deux grands pâtés, et à un banquet solennel j’offris cet horrible mets à l’impératrice ; et ainsi elle mangea la chair même de ses enfants.

» Moi-même alors j’ôtai la vie à ma fille, puis avec le couteau sanglant je tuai l’impératrice ; immédiatement après je poignardai l’empereur, et enfin moi-même ; et c’est ainsi que mourut Titus.

» Alors voici le châtiment qui fut infligé au More : il fut tout vif enterré à demi dans le sol, et on le laissa mourir de faim. Et Dieu veuille que tous les meurtriers soient ainsi traités ! »

(2) On se rappelle qu’Hécube vengea la mort de son fils Polydore en tuant de ses propres mains le roi de Thrace Polymnestor qui l’avait fait périr.

(3) Selon l’opinion de Solon, le bonheur ne peut commencer pour l’homme qu’après la mort.

Ultima semper
Expectanda dies homini ; dicique beatus
Ante obitum nemo, supremaque funera, debet.
Ovid.

(4)

Yes, and will nobly him remunerate.