Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/37

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d’elle par un nouveau naufrage au milieu duquel elle accouche d’une jolie petite fille qu’on nomme Marina, et, après maintes tribulations nouvelles, se retrouve dans ses États étonnés, heureux époux, heureux père, heureux prince.

Telles sont les sept pièces remises au jour en 1664, par le libraire Chetwinde : deux comédies, une tragi-comédie, deux drames légendaires, deux drames historiques. Qu’importe à Chetwinde que ces pièces aient été omises par 1’in-folio de 1623 ! Voici, sur la première page des exemplaires originaux, le nom du maître ou du moins ses initiales. Cela suffit au nouvel éditeur, et il insère bravement les sept ressuscitées à côté d’Hamlet et de la Tempête. Cette innovation hardie ne soulève aucune réclamation. Loin de là, elle va être acceptée, consacrée par l’acquiescement universel pendant près d’un siècle, et jusqu’en 1735, il ne paraîtra pas une seule édition des œuvres complètes de Shakespeare qui ne contienne les sept ouvrages ainsi réimprimés par l’in-folio de 1664.

La Restauration, en veine de résurrection, ne s’arrête pas encore. Tandis que Périclès, une Tragédie dans l’ Yorkshire, le Prodigue de Londres, Sir John Oldcastle, Lord Cromwell, la Puritaine, Locrine sont présentés au public comme les productions les plus légitimes du maître, trois ouvrages restés jusqu’ici anonymes prennent place dans la bibliothèque du roi Charles II reliés en un volume unique qui porte au dos ces majuscules éclatantes : Shakespeare. Ces trois ouvrages, ainsi imputés au grand poëte par le bibliothécaire royal, sont trois comédies représentées sous les règnes d’Élisabeth et de Jacques Ier.

1° Le Joyeux diable d’Edmonton. Comme il a été joué plusieurs fois par les serviteurs de Sa Majesté le Roi au Globe, sur le Bankside, 1608. — Le joyeux diable d’Edmonton n’est autre que le magicien Pierre Fabel qu’on suppose