Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/95

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trahison qui rôde ; ici pas d’envie qui écume ; — ici pas de rancunes maudites ; ici, pas de tempêtes, — pas de bruit, mais le silence et l’éternel sommeil.

Entre Lavinia.

— Dans la paix et l’honneur reposez ici, mes fils !


LAVINIA.

— Dans la paix et l’honneur que le seigneur Titus vive longtemps ! — Vis dans la gloire, mon noble seigneur et père ! — Vois, j’apporte mes larmes tributaires — à cette tombe, pour les obsèques de mes frères ; — et je m’agenouille à tes pieds en versant sur la terre — des larmes de joie, pour ton retour à Rome. — Oh ! bénis-moi ici de ta main victorieuse, — toi, dont les meilleurs citoyens de Rome acclament la fortune.


TITUS.

— Bonne Rome qui as ainsi conservé avec amour, — pour la joie de mon cœur, ce cordial de ma vieillesse ! — Vis, Lavinia ; puisses-tu survivre à ton père, — et puisse le renom de ta vertu survivre à l’éternité de la gloire !

Entrent Marcus Andronicus, Saturninus, Bassianus et autres.

MARCUS.

— Vive le seigneur Titus, mon frère bien-aimé, — triomphateur si gracieux aux yeux de Rome !


TITUS.

— Merci, généreux tribun, noble frère Marcus.


MARCUS.

— Et vous, mes neveux, soyez les bienvenus au retour de cette heureuse guerre, — vous qui survivez et vous qui dormez dans la gloire. — Beaux seigneurs, vous avez eu un égal succès, — vous tous qui avez tiré l’épée pour le service de votre patrie ; — mais les vrais triomphateurs sont