Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/165

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ÉDOUARD.

— Lords, introduisez-le, que nous sachions ce qu’il veut.

Les lords sortent. Le roi s’assied sur son trône.
Les lords reviennent avec le duc de Lorraine et sa suite.

— Parle, duc de Lorraine, pourquoi es-tu venu ?


LORRAINE.

— Le très-illustre prince, le roi Jean de France, — te salue, Édouard, et te commande par ma voix, — attendu que tu tiens — de sa libérale concession la duché de Guyenne, — de lui faire humblement hommage pour ce fief ; — et, à cet effet, je te somme — de te rendre en France avant quarante jours — afin que, conformément à la coutume, — tu prêtes serment comme fidèle vassal du roi ; — sinon, tes droits sur cette province expirent, — et lui-même en reprendra possession.


ÉDOUARD.

— Voyez comme l’occasion me sourit ! — À peine faisais-je mes préparatifs pour aller en France — que me voilà invité, que dis-je ? obligé, sous la menace — d’une pénalité, à m’y rendre : — certes ce serait pure folie de lui dire non ! — Lorraine, reporte cette réponse à ton seigneur : — je compte lui faire visite, ainsi qu’il le demande, — mais comment ? non pas comme un esclave, pour m’incliner devant lui, — mais comme un conquérant, pour le faire plier. — Ses artifices maladroits et grossiers ont été percés à jour ; — et la vérité a arraché de son visage le masque — qui jetait un lustre sur son arrogance. — Il ose réclamer de moi un serment de féauté ! — Dis-lui que la couronne qu’il usurpe m’appartient, — et qu’il devrait tomber à genoux là où il pose le pied ! — Ce n’est pas un méchant duché que je réclame, moi, — ce sont tous les domaines du