Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/166

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royaume ; — si, dans son obstination, il refuse de céder, — je lui enlèverai toutes ces plumes d’emprunt — et je l’enverrai nu au désert.


LORRAINE.

— Eh bien, Édouard, ici même, en dépit de tous tes lords, — je te lance un défi à la face.


LE PRINCE DE GALLES.

— Un défi, Français ? Nous le rejetons — à la gorge même de ton maître. — Je le déclare avec la déférence que je dois au roi, — mon gracieux père, et à tous ces seigneurs, — je considère ton message comme une farce, — et celui qui t’a envoyé comme un méchant frelon — qui s’est insinué par surprise dans l’aire de l’aigle ; — mais nous l’en chasserons par une si rude secousse — que sa ruine sera une leçon pour tous.


WARWICK.

— Engage-le à se défaire de la peau de lion qu’il porte ; — car il pourrait rencontrer dans la plaine un vrai lion — qui le mettrait en pièces pour le punir de son orgueil (3).


ARTOIS.

— Le meilleur conseil que je puisse donner à sa majesté, — c’est qu’elle se rende avant d’y être forcée. — Un malheur volontaire est moins humiliant — qu’une réprimande infligée par la violence.


LORRAINE, dégainant.

— Traître renégat, serpent de ce pays — qui t’a nourri dès ton enfance, — tu te joins, toi aussi, à cette conspiration ?


ÉDOUARD, dégainant.

— Lorraine, regarde la pointe de cette épée. — Eh bien, l’ardeur conquérante qui stimule mon cœur — est une épine bien plus aiguë que cette lame ; — et, pour peu que je veuille me livrer au repos, — elle me tiendra en éveil,