Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/396

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guêpes, pour rester là jusqu’à ce qu’il soit aux trois quarts et demi mort ; ensuite on le fera revenir avec de l’eau-de-vie ou quelque autre liqueur forte ; alors tout au vif qu’il sera, et dans le jour prédit par l’almanach, il sera placé contre un mur de briques aux regards brûlants du soleil du midi, qui le regardera jusqu’à ce qu’il périsse sous la piqûre des mouches. Mais pourquoi nous amuser à parler de misérables traîtres ? Il ne faut que rire de leurs maux, leurs crimes étant si grands. Dites-moi, car vous me paraissez de bonnes gens bien simples, ce que vous voulez au roi. Si vous me marquez comme il faut votre considération pour moi, je vous conduirai au vaisseau où il est, je vous présenterai à Sa Majesté, je lui parlerai à l’oreille en votre faveur ; et s’il est quelqu’un auprès du roi qui puisse vous faire accorder votre demande, vous voyez un homme qui le fera.

LE FILS.—Il paraît un homme d’un grand crédit ; accordez-vous avec lui, donnez-lui de l’or ; et quoique l’autorité soit un ours féroce, cependant, avec de l’or, on la mène souvent par le nez. Montrez le dedans de votre bourse au dehors de votre main, et sans plus tarder. Souvenez-vous, lapidé et écorché vif.

LE BERGER.—S’il vous plaisait, monsieur, de vous charger de l’affaire pour nous, voici de l’or que j’ai sur moi ; je vous promets encore autant, et je vous laisserai ce jeune homme en gage jusqu’à ce que je vous le rapporte.

AUTOLYCUS.—Après que j’aurai fait ce que j’ai promis ?

LE BERGER.—Oui, monsieur.

AUTOLYCUS.—Allons, donnez-m’en la moitié.—Êtes-vous personnellement intéressé dans cette affaire ?

LE FILS.—En quelque façon, monsieur ; mais, quoique ma situation soit assez triste, j’espère que je ne serai pas écorché vif pour cela.

AUTOLYCUS.—Oh ! c’est le cas du fils du berger. Au diable si on n’en fait pas un exemple.

LE FILS, à son père.—Du courage, prenez courage ; il faut que nous allions trouver le roi, et lui montrer les choses étranges que nous avons à faire voir ; il faut qu’il sache qu’elle n’est point du tout votre fille, ni ma sœur,