Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 1.djvu/311

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ROSENCRANTZ

Me prenez-vous pour une éponge, monseigneur ?

HAMLET

Oui, monsieur, une éponge qui absorbe les grâces du roi, ses récompenses, son autorité. Du reste, de tels officiers finissent par rendre au roi les plus grands services. Il les garde comme ferait un singe, dans le coin de sa mâchoire, pour les mâcher avant de les avaler. Quand il aura besoin de ce que vous aurez glané, il n’aura qu’à vous presser, éponges, et vous redeviendrez à sec.

ROSENCRANTZ

Je ne vous comprends pas, monseigneur.

HAMLET

J’en suis bien aise. Un méchant propos se niche dans une sotte oreille.

ROSENCRANTZ

Monseigneur, vous devez nous dire où est le corps, et venir avec nous chez le roi.

HAMLET

Le corps est avec le roi, mais le roi n’est pas avec le corps. Le roi est une créature…

GUILDENSTERN

Une créature, monseigneur ?

HAMLET

De rien. Conduisez-moi vers lui. Renard, nous allons jouer à cache-cache.



Scène XIV

[La salle d’État dans le château.]


Entre le Roi avec sa suite.


LE ROI

— J’ai envoyé à sa recherche et à la découverte du corps.