Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 4.djvu/401

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LE CLOWN, tirant une poignée de pièces d’or.

Vous faites fortune vieux. Si les péchés de votre jeunesse vous sont pardonnés, vous pourrez vivre à l’aise. De l’or, tout or !


LE BERGER.

C’est de l’or féerique, mon garçon, nous le verrons bien ! Enlève-le vite et enferme-le bien. Chez nous ! chez nous ! par le plus court ! Nous avons de la chance, garçon, et pour en avoir toujours, il ne faut que de la discrétion. Laissons aller mes moutons. Allons, bon garçon, chez nous par le plus court !


LE CLOWN.

Allez par le plus court avec vos trouvailles. Moi, je vais voir si l’ours à lâché le gentilhomme, — et combien il en a mangé ; ils ne sont hargneux que quand ils ont faim ; s’il y a des restes, je les enterrerai.


LE BERGER.

Voilà une bonne action. Si tu peux reconnaître qui il est à ce qui reste de lui, viens me chercher pour le voir.


LE CLOWN.

Pardieu, oui ; et vous m’aiderez à le mettre en terre.


LE BERGER.

Voilà un jour chanceux, garçon, et nous allons bien le mettre à profit.

Ils sortent.


Entre le Temps, comme chœur.

LE TEMPS.

Moi qui plais à quelques-uns et qui éprouve tout le monde, moi qui suis la joie — des bons et la terreur des méchants, moi qui fais et découvre l’erreur, — je prends maintenant sur moi, en ma qualité de Temps, — de déployer mes ailes. Ne m’imputez pas à crime, — si, dans mon vol rapide, je glisse — par-dessus seize années, et