Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 11.djvu/102

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meilleur en dernier, pour finir par le plus doux ! — Ô toi, auteur terrestre de mon existence, — dont l’ardeur juvénile, en moi régénérée, — m’exalte par une double énergie — au niveau d’une victoire trop haute pour ma tête, — donne à mon armure la trempe de tes prières, acère de tes bénédictions la pointe de ma lance, — en sorte qu’elle pénètre, comme la cire, la cotte de Mowbray, — et fourbis à neuf le nom de Jean de Gand — par la prouesse même de son fils.


JEAN DE GAND.

— Le ciel te fasse prospère en ta bonne cause ! — Sois à l’exécution prompt comme l’éclair ; — et que tes coups, doublement redoublés, — tombent comme un écrasant tonnerre sur le casque — de ton perfide ennemi ! Surexcite ton jeune sang, sois vaillant et vis.


BOLINGBROKE.

— Mon innocence et Saint-Georges à la rescousse !

Il s’assied.

NORFOLK.

— Quel que soit le sort que me réserve Dieu ou la fortune, — ici doit vivre ou mourir, fidèle au trône du roi Richard, — un loyal, juste et intègre gentilhomme. — Jamais captif n’eut plus de joie — à secouer les chaînes de la servitude et à ressaisir — une liberté d’or sans contrôle — que n’en a mon âme palpitante à célébrer — cette fête martiale avec mon adversaire. — Très-puissant suzerain, et vous, compagnons, mes pairs, — recevez de ma bouche un souhait d’heureuses années. — Serein et joyeux, comme à une parade, — je vais au combat. La loyauté a un cœur tranquille.


RICHARD.

— Adieu, milord : je vois avec sécurité — luire dans ton regard la vertu et la valeur. — Maréchal, ordonnez l’épreuve, et faites commencer.

Le roi et les lords retournent à leurs sièges.