Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/101

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PANTHÉON.

Bah ! je te dis, l’ami, que tu vas perdre l’heure du flot, et, en perdant l’heure du flot, perdre ton voyage, et, en perdant ton voyage, perdre ton maître, et, en perdant ton maître, perdre ton service, et en perdant ton service… pourquoi me fermes-tu la bouche ?


LANCE.

Pour que tu ne perdes pas tes paroles.


PANTHÉON.

Et en quoi perdrais-je mes paroles ?


LANCE.

En ce récit futile.


PANTHÉON.

Je ne connais pas de récif utile.


LANCE.

Moi, perdre la marée, et mon voyage, et mon maître, et mon service, et l’amarré que voici ! Tu ne sais donc pas, l’ami, que, si la rivière était à sec, je serais homme à la remplir de mes larmes, et que, si le vent était tombé, je pourrais pousser le bateau avec mes soupirs !


PANTHÉON.

Allons ! partons, l’ami ; je suis envoyé pour t’appeler.


LANCE.

Monsieur, appelez-moi comme vous voudrez.


PANTHÉON.

Veux-tu partir ?


LANCE.

C’est bon. On y va.

Ils sortent.