Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/103

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THURIO.

Que parais-je être, que je ne sois pas ?


VALENTIN.

Sensé.


THURIO.

Quelle preuve avez-vous que je ne le suis pas ?


VALENTIN.

Votre folie.


THURIO.

Et où découvrez-vous ma folie ?


VALENTIN.

À la recherche de votre jaquette.


THURIO.

Ma jaquette est un pourpoint à crevés !


VALENTIN.

Votre folie aussi est à crever… les yeux.


THURIO, furieux.

Comment ?


S1LVIA.

Ah çà, de la colère, sire Thurio ? vous changez de couleur ?


VALENTIN.

Laissez-le faire, madame, c’est une espèce de caméléon.


THURIO, à part.

Qui a plus envie de se repaître de votre sang que de dévorer votre air.


VALENTIN.

Vous avez dit, monsieur ?


THURIO.

Oui, monsieur, et j’ai fini aussi, pour cette fois.


VALENTIN.

Je le sais, monsieur : vous finissez toujours avant de commencer.