Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/104

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SILVIA.

Voilà, messieurs, une belle volée de mots et vivement tirée.


VALENTIN.

C’est vrai, madame mous remercions le fournisseur.


SILVIA.

Qui est-il, mon cavalier ?


VALENTIN.

C’est vous-même, madame ; car c’est vous qui avez fourni le feu. Messire Thurio emprunte son esprit aux regards de Votre Grâce, et dépense ce qu’il emprunte, généreusement, en votre présence.


THURIO.

Monsieur, si vous dépensiez avec moi mot pour mot, j’aurais bientôt fait faire banqueroute à votre esprit.


VALENTIN.

Je le sais bien, monsieur : vous avez un trésor de paroles, et, je crois, pas d’autre monnaie à donner à vos gens : on peut voir à la nudité de leurs livrées que vous ne les payez que de mots tout nus.


SILVIA.

Assez, messieurs, assez ! voici mon père.


Entre le duc.

LE DUC.

— Eh bien, Silvia, ma fille, vous voilà rudement assiégée. — Sire Valentin, votre père est en bonne santé. — Quel accueil feriez-vous à la lettre d’un ami, — vous apportant d’excellentes nouvelles ?


VALENTIN.

Monseigneur, je serais reconnaissant — à l’heureux messager venu de si bonne part.


LE DUC.

— Connaissez-vous don Antonio, votre compatriote ?