Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/122

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PROTÉE.

— Adieu, monseigneur, voici messire Valentin qui vient.

Il sort.


Valentin entre, enveloppé dans un long manteau, et traverse rapidement la scène.

LE DUC.

— Sire Valentin, où allez-vous si vite ?


VALENTIN, s’arrêtant.

— Votre Grâce m’excusera, il y a un courrier — qui attend pour emporter mes lettres à ma famille, — et je vais les lui remettre.


LE DUC.

Sont-elles de grande importance ?


VALENTIN.

— Elles ne parlent, c’est là leur teneur, — que de ma santé et de mon bonheur à la cour.


LE DUC.

— Eh bien ! alors, peu importe.

D’un air aimable et mystérieux.

Reste un moment avec moi. — J’ai à m’ouvrir à toi sur certaines affaires — qui me touchent de près et pour lesquelles tu dois être discret. — Tu n’es pas sans savoir que j’ai songé à unir mon ami, messire Thurio, à ma fille.


VALENTIN.

— Je le sais fort bien, monseigneur ; et, à coup sûr, se serait un parti — riche et honorable ; en outre, le gentilhomme — est plein de vertu, de générosité, de mérite et de toutes les qualités — qui peuvent convenir à une femme comme votre charmante fille. — Est-ce que Votre Grâce ne peut pas la décider à le prendre en goût ?