Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/125

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LE DUC.

— Maintenant, si tu es un gentilhomme de race, — enseigne-moi où je puis avoir une échelle pareille.


VALENTIN.

— Quand vous en serviriez-vous ? Voyons, seigneur, dites-moi ?


LE DUC.

— Ce soir même : car l’amour est comme un enfant — à qui il tarde d’avoir tout ce qu’il peut atteindre.


VALENTIN.

— Vers les sept heures, je vous procurerai l’échelle.


LE DUC.

— Mais écoute bien : je veux y aller seul. — Comment pourrai-je transférer l’échelle là-bas ?


VALENTIN.

— Elle sera assez légère, monseigneur, pour que vous puissiez la porter — sous un manteau quelque peu long.


LE DUC.

— Un manteau long comme le tien fera-t-il l’affaire ?


VALENTIN.

— Oui, mon bon seigneur.


LE DUC.

— Eh bien, laisse-moi voir ton manteau. — Je m’en procurerai un de la même longueur.


VALENTIN.

— Oh ! le premier manteau venu fera l’affaire, monseigneur.


LE DUC.

— Comment m’y prendrai-je pour porter un manteau ?… — Voyons, laisse-moi essayer le tien sur moi.

Il arrache le manteau qui enveloppe Valentin, le met vite sur ses épaules et le fouille.

— Quelle est cette lettre ?

Lisant l’adresse.