Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/141

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Entrent Valentin et Diligence.

TROISIÈME BANDIT, se mettant devant Valentin.

— Halte-là, monsieur ! jetez-nous ce que vous avez sur vous ; — sinon, nous allons vous asseoir et vous dévaliser.


DILIGENCE, à Valentin.

— Nous sommes perdus, monsieur ! Ce sont les bandits — dont tous les voyageurs ont si grand’peur.


VALENTIN.

— Mes amis…


PREMIER BANDIT.

Ce n’est pas ça, monsieur : nous sommes vos ennemis.


DEUXIÈME BANDIT.

— Paix ! nous devons l’écouter.


TROISIÈME BANDIT.

— Oui, par ma barbe, nous le devons ; — car c’est un homme convenable.


VALENTIN.

— Sachez donc que j’ai peu de biens à perdre. — Je suis un homme traqué par l’adversité. — J’ai pour toute richesse ces pauvres habillements : — si vous m’en dépouillez, — vous prendrez en substance tout ce que je possède.


DEUXIÈME BANDIT.

— Où vous rendez-vous ?


VALENTIN.

À Vérone.


PREMIER BANDIT.

— D’où êtes-vous venu ?


VALENTIN.

De Milan.


TROISIÈME BANDIT.

— Y avez-vous séjourné longtemps ?


VALENTIN.

— Quelque seize mois. J’aurais pu y rester plus longtemps, — si la fortune tortueuse ne m’en avait chassé.