Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/142

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PREMIER BANDIT.

— Quoi ! auriez-vous été banni de Milan ?


VALENTIN.

Je l’ai été.


DEUXIÈME BANDIT.

Pour quel méfait ?


VALENTIN.

— Pour un acte que je ne puis raconter maintenant sans tourment. — J’ai tué un homme dont je regrette beaucoup la mort, — mais pourtant je l’ai égorgé vaillamment dans un combat, — sans avantage déloyal ni basse trahison.


PREMIER BANDIT.

— Eh bien, ne regrettez rien, s’il en est ainsi. — Comment ! vous avez été banni pour une pareille peccadille !


VALENTIN.

— Je l’ai été, et je me tiens pour heureux de cette condamnation.


PREMIER BANDIT.

— Possédez-vous les langues ?


VALENTIN.

— Une jeunesse voyageuse m’a valu ce privilège, — sans lequel j’aurais été souvent bien embarrassé.


TROISIÈME BANDIT.

— Par la tonsure du gras chapelain de Robin-Hood (10), — ce compagnon serait un bon roi pour notre bande farouche.


PREMIER BANDIT.

— Prenons-le… Messieurs, un mot !

Les brigands se retirent à l’écart et se consultent à voix basse.

DILIGENCE.

Maître, soyez l’un d’eux. — C’est une honorable espèce de voleurs.