Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/144

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PREMIER BANDIT.

— Mais si tu dédaignes nos politesses, tu es mort.


DEUXIÈME BANDIT.

— Tu ne vivras pas pour te targuer de nos avances.


VALENTIN.

— J’accepte votre offre, et je veux vivre avec vous, — pourvu que vous ne commettiez pas d’outrages — sur de simples femmes ou de pauvres passants.


TROISIÈME BANDIT.

— Non, nous avons horreur de ces viles et lâches pratiques. — Allons, viens avec nous, nous allons t’introduire dans nos bandes, — et te montrer tous nos trésors, — lesquels sont comme nous-mêmes, à ta disposition.

Ils sortent.

Scène XIV.


[Milan. Sous les fenêtres de Sylvia. Clair de lune.]


Entre Protée.

PROTÉE.

— Déjà j’ai trahi Valentin, — et maintenant il faut que je trompe Thurio. — Sous prétexte de parler pour lui, — j’ai la liberté d’avancer mon propre amour ; — mais Silvia est trop honnête, trop sincère, trop sainte — pour se laisser corrompre par mes offres indignes. — Quand je lui proteste de ma loyauté vraie, — elle me retorque ma fausseté envers mon ami. — Quand je consacre mes vœux à sa beauté, — elle me rappelle que je me suis parjuré — en manquant de foi à Julia que j’aimais. — Nonobstant toutes ces vives railleries — dont la moindre devrait amortir l’espoir d’un amant, — mon amour est comme un épagneul : plus elle le rebute, —