Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/145

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plus il est tendre et caressant pour elle. — Mais voici Thurio : nous allons maintenant sous la fenêtre de Silvia, — pour lui donner une sérénade.


Thurio arrive avec des musiciens.

THURIO.

— Eh bien, messire Protée, vous vous êtes donc glissé ici avant nous ?


PROTÉE.

— Oui, gentil Thurio : vous le savez, l’amour — a le talent de se glisser là où il ne peut aller.


THURIO.

— Hé ! mais j’espère, monsieur, que vous n’aimez pas ici.


PROTÉE.

— Si fait, monsieur : autrement je n’y serais pas.


THURIO.

— Qui donc ? Silvia.


PROTÉE.

Oui, Silvia. Pour votre compte.


THURIO.

— Prenez mes remercîments pour le vôtre.

Aux musiciens.

Eh bien, messieurs, — accordons-nous, et exécutons vigoureusement !

Les musiciens, précédés par Protée et par Thurio, vont se placer sous les fenêtres de Silvia. Un hôtelier entre, accompagné de Julia, déguisée en page. Tous deux se tiennent à distance.

L’HÔTELIER.

Eh bien ! mon jeune hôte, vous avez l’air tout à la colique, pourquoi ça, je vous prie ?


JULIA.

Ma foi, mon hôte, parce que je ne peux pas être gai.


L’HÔTELIER.

Eh bien ! nous allons vous rendre gai : je vous mène