Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/146

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à un endroit où vous entendrez de la musique, et où vous verrez le gentilhomme que vous demandâtes.


JULIA.

Mais est-ce que je l’entendrai parler ?


L’HÔTELIER.

Oui, certainement.


JULIA.

Quelle musique pour moi !

L’orchestre commence.

L’HÔTELIER.

Attention ! attention !


JULIA.

Est-il donc parmi ces gens-là ?


L’HÔTELIER.

Oui : mais silence, écoutons-les.


CHANSON.

Quelle est cette Sylvia ? qu’est-elle,
Que tous nos pâtres la vantent ?
Sainte, belle et sage elle est !
Le ciel lui prêta toutes les grâces
Qui pouvaient la faire admirer.

Est-elle aussi bonne que belle ?
Oui, car la beauté vit de bonté.
L’amour cherche dans ses yeux
Le remède à son aveuglement,
Et, l’y trouvant, il s’y installe.

Chantons donc à Silvia
Que Silvia est parfaite ;
Elle surpasse tout être mortel
Habitant cette triste terre.
Apportons lui nos couronnes.


L’HÔTELIER, à Julia.

Eh bien ! vous êtes plus triste encore que tout à