Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/147

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l’heure ? Qu’avez-vous donc, l’ami ? La musique ne vous plaît pas ?


JULIA.

Vous faites erreur. C’est le musicien qui ne me plaît pas.


L’HÔTELIER.

Pourquoi donc, mon joli damoiseau ?


JULIA.

Il joue faux, bon père.


L’HÔTELIER.

Comment ? les cordes sont-elles hors de ton ?


JULIA.

Nullement, pourtant il joue si faux qu’il froisse les cordes même de mon cœur.


L’HÔTELIER.

Vous avez l’oreille bien sensible.


JULIA.

Oui, je voudrais être sourd ! C’est pour mon cœur une souffrance.


L’HÔTELIER.

Je m’aperçois que vous n’aimez pas la musique.


JULIA.

Pas du tout, quand elle détonne ainsi.


L’HÔTELIER.

Écoutez, la belle variation !


JULIA.

C’est la variation qui est tout le mal.


L’HÔTELIER.

Vous voudriez qu’ils jouassent toujours la même chose.


JULIA.

Je voudrais qu’on ne jouât qu’un seul air… Mais, dites-moi, mon hôte, est-ce que ce seigneur Protée, de qui nous parlons, va souvent chez cette dame ?