Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/163

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PROTÉE.

— Mais les perles sont blanches ; et le proverbe dit — que les hommes bruns sont des perles aux yeux des belles dames.


JULIA, à part.

— De pareilles perles offusquent les regards des femmes ; — pour moi, je ferme les yeux pour ne pas les voir.


THURIO.

— Comment trouve-t-elle que je cause ?


PROTÉE.

Mal, quand vous parlez de guerre.


THURIO.

— Mais bien, sans doute, quand je cause d’amour et de paix ?


JULIA, à part.

— Mais mieux encore, quand il reste en paix.


THURIO.

— Que dit-elle de ma valeur ?


PROTÉE.

Oh ! messire, elle n’a pas de doute sur ce point.


JULIA, à part.

— Elle n’en doit pas avoir, connaissant sa couardise.


THURIO.

— Que dit-elle de ma naissance ?


PROTÉE.

Que vous êtes descendu d’une bonne famille.


JULIA, à part.

— C’est vrai ; d’une race de gentilshommes au rang d’imbécile !


THURIO.

— Pense-t-elle à mes propriétés ?


PROTÉE.

Oh ! oui ; et avec regret.