Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/198

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un mauvais choix, — jamais, à l’avenir, vous ne parlerez de mariage — à aucune femme… Ainsi, réfléchissez.


MAROC.

— J’y consens, allons ! conduisez-moi à ma chance.


PORTIA.

— Au temple, d’abord ! Après dîner, — vous tenterez votre hasard.


MAROC.

Alors que la fortune me soit bonne ! — Elle peut me faire une existence ou bénie ou maudite !

Ils sortent. Fanfares de cor.



Scène V.


[Venise. Une rue.]


Entre Lancelot Gobbo (17).

LANCELOT.

Il faudra bien que ma conscience m’autorise à décamper de chez le juif, mon maître. Le démon me touche le coude et me tente, en me disant : Gobbo, Lancelot Gobbo, ou bon Lancelot, ou bon Gobbo, ou bon Lancelot Gobbo, joue des jambes, prends ton élan et décampe. Ma conscience dit : Non, prends garde honnête Lancelot, prends garde, honnête Gobbo, ou, comme je disais, honnête Lancelot Gobbo, ne fuis pas, mets ce projet de fuite sous tes talons. Alors le démon imperturbable me presse de faire mes paquets : en route ! dit le démon, va-t-en ! dit le démon, au nom du ciel, prends un brave parti, dit le démon, et décampe. Alors, ma conscience, se pendant au cou de mon cœur, me dit très-sagement : — Mon honnête ami Lancelot, toi qui es le fils d’un honnête homme (ou