Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/203

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Entre Bassanio, suivi de Léonardo et d’autres domestiques.

BASSANIO, à un valet.

Vous le pouvez, mais hâtez-vous, pour que le souper soit prêt au plus tard à cinq heures. Faites porter ces lettres à leur adresse, faites faire les livrées, et priez Gratiano de venir chez moi incontinent.

Sort un valet.

LANCELOT, bas à Gobbo.

Abordez-le, père !


GOBBO.

Dieu bénisse votre Excellence !


BASSANIO.

Grand merci ! Me veux-tu quelque chose ?


GOBBO.

Voici mon fils, monsieur, un pauvre garçon…


LANCELOT.

Non pas un pauvre garçon, monsieur, mais bien le serviteur du riche juif, lequel voudrait, monsieur, comme mon père vous le spécifiera…


GOBBO.

Il a, comme on dirait, une grande démangeaison de servir…


LANCELOT.

Effectivement, le résumé et l’exposé de mon affaire, c’est que je sers le juif et que je désire, comme mon père vous le spécifiera…


GOBBO.

Son maître et lui, sauf le respect dû à votre Excellence, ne sont pas tendres cousins…


LANCELOT.

Pour être bref, la vérité vraie est que le juif, m’ayant