Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/205

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LANCELOT.

Enlevé, mon père !… Ah ! je ne suis pas capable de trouver une place ! Ah ! je n’ai jamais eu de langue dans ma tète !… Bien.

Regardant la paume de sa main.

Est-il un homme en Italie qui puisse, en jurant sur la Bible, étendre une plus belle paume ?… J’aurai du bonheur : tenez, rien que cette simple ligne de vie (18) ! Voici une menue ribambelle d’épouses ! Hélas ! quinze épouses, ce n’est rien. Onze veuves, et neuf vierges, c’est une simple mise en train pour un seul homme ; et puis, cette échappée à trois noyades ! et ce péril qui menace ma vie au bord d’un lit de plume !… Ce sont de simples chances !… Allons, si la fortune est ma femme, à ce compte-là c’est une bonne fille… Venez, mon père ; je vas prendre congé du juif en un clin d’œil.

Sortent Lancelot et le vieux Gobbo.

BASSANIO.

— Je t’en prie, bon Leonardo, pense à cela. — Quand tu auras tout acheté et tout mis en place, — reviens vite, car je festoie ce soir — mes connaissances les plus estimées. Dépêche-toi, va.


LÉONARDO.

— J’y mettrai tout mon zèle.


Entre Gratiano.

GRATIANO.

— Où est votre maître ?


LÉONARDO.

Là-bas, monsieur, il se promène.

Sort Léonardo.

GRATIANO.

— Signor Bassanio…