Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/210

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SALARINO.

— Oui, c’est bon.

Sortent Salarino et Solanio.

GRATIANO.

— Cette lettre n’était-elle pas de la belle Jessica ?


LORENZO.

— Il faut que je te dise tout ! Elle me mande — le moyen par lequel je dois l’enlever de chez mon père, — l’or et les bijoux dont elle s’est munie, — le costume de page qu’elle tient tout prêt. — Si jamais le juif son père va au ciel, — ce sera grâce à sa charmante fille ; — quant à elle, jamais le malheur n’oserait lui barrer le passage, — si ce n’est sous le prétexte — qu’elle est la fille d’un juif mécréant. — Allons, viens avec moi ; lis ceci, chemin faisant : — la belle Jessica sera mon porte-torche !

Ils sortent.



Scène VIII.


[Toujours à Venise. Devant la maison de Shylock.]


Entrent Shylock et Lancelot.

SHYLOCK.

— Soit ! tu en jugeras par tes yeux, tu verras — la différence entre le vieux Shylock et Bassanio. — Holà, Jessica !… Tu ne pourras plus t’empiffrer — comme tu faisais chez moi… Holà, Jessica !… — ni dormir, ni ronfler, ni mettre en lambeaux ta livrée. — Eh bien ! Jessica, allons !


LANCELOT, criant.

Eh bien ! Jessica !