Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/211

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


SHYLOCK.

— Qui te dit d’appeler ? Je ne te dis pas d’appeler. —


LANCELOT.

Votre Honneur m’a si souvent répété que je ne savais rien faire sans qu’on me le dise !


Entre Jessica.

JESSICA, à Shylock.

— Appelez-vous ? quelle est votre volonté ?


SHYLOCK.

— Je suis invité à souper dehors, Jessica : — voici mes clefs… Mais pourquoi irais-je ? — Ce n’est pas par amitié qu’ils m’invitent : ils me flattent ! — J’irai pourtant, mais par haine, pour manger — aux dépens du chrétien prodigue… Jessica, ma fille, — veille sur ma maison… J’ai une vraie répugnance à sortir ; il se brasse quelque vilenie contre mon repos, — car j’ai rêvé cette nuit de sacs d’argent. —


LANCELOT.

Je vous en supplie, monsieur, partez ! mon jeune maître est impatienté de votre présence.


SHYLOCK.

Et moi, de la sienne.


LANCELOT.

Ils ont fait ensemble une conspiration… Je ne dis pas que vous verrez une mascarade ; mais si vous en voyez une, cela m’expliquera pourquoi mon nez s’est mis à saigner le dernier lundi noir (19), à six heures du matin, après avoir saigné, il y a quatre ans, le mercredi des Cendres, dans l’après-midi.


SHYLOCK.

— Quoi ! il y aura des masques ? Écoutez-moi, Jessica ; — fermez bien mes portes ; et quand vous entendrez le