Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/271

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LORENZO.

Dans une nuit pareille, — Didon, une branche de saule à la main, se tenait debout — sur la plage déserte et faisait signe à son bien-aimé — de revenir à Carthage.


JESSICA.

Dans une nuit pareille, — Médée cueillait les herbes enchantées — qui rajeunirent le vieil Æson.


LORENZO.

Dans une nuit pareille, — Jessica se déroba de chez le juif opulent — et, avec un amant prodigue, courut de Venise — jusqu’à Belmont.


JESSICA.

Et dans une nuit pareille, — le jeune Lorenzo jurait de bien l’aimer, — et lui dérobait son âme par mille vœux de constance — dont pas un n’était sincère !


LORENZO.

Et dans une nuit pareille — la jolie Jessica, comme une petite taquine, — calomniait son amant qui le lui pardonnait.


JESSICA.

— Je vous tiendrais tête toute la nuit, si personne ne venait. — Mais, écoutez ! J’entends le pas d’un homme.


Entre Stephano.

LORENZO.

— Qui s’avance si vite dans le silence de la nuit ?


STEPHANO.

Un ami.


LORENZO.

— Un ami ! Quel ami ? Votre nom, je vous prie, mon ami ?


STEPHANO.

— Stephano est mon nom : et j’apporte la nouvelle — qu’avant le lever du jour, ma maîtresse — sera ici à