Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/275

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semble qu’elle est bien plus harmonieuse que de jour.


NÉRISSA.

— C’est le silence qui lui donne ce charme, madame.


PORTIA.

— Le corbeau chante aussi bien que l’alouette — pour qui n’y fait pas attention, et je crois — que, si le rossignol chantait le jour, — quand les oies croassent, il ne passerait pas — pour meilleur musicien que le roitelet. — Que de choses n’obtiennent qu’à leur saison — leur juste assaisonnement de louange et de perfection ! — Oh, silence ! la lune dort avec Endymion, — et ne veut pas être éveillée !

La musique cesse.

LORENZO.

C’est la voix — de Portia ou je me trompe fort !


PORTIA.

— Il me reconnaît, comme l’aveugle reconnaît le coucou, — à la vilaine voix.


LORENZO.

Chère dame, soyez la bienvenue chez vous.


PORTIA.

— Nous venons de prier pour le succès de nos maris, — que nous espérons bien avoir hâté par notre intercession. — Sont-ils de retour ?


LORENZO.

Pas encore, madame : — mais il est venu tout à l’heure un courrier — pour signifier leur arrivée.


PORTIA.

— Rentre, Nérissa. — Donne à mes gens l’ordre de ne faire — aucune remarque sur notre absence. — N’en parlez pas, Lorenzo ; ni vous, Jessica.

On entend une fanfare.

LORENZO.

— Votre mari n’est pas loin. J’entends sa trompette.