Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/276

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— Nous ne sommes pas bavards, madame : ne craignez rien.


PORTIA.

— Cette nuit me fait simplement l’effet du jour malade : — elle n’est qu’un peu plus pâle. C’est un jour — comme est le jour quand le soleil est caché.


Entrent Bassanio, Antonio, Gratiano et leur suite.

BASSANIO, à Portia.

— Nous aurions le jour en même temps que les antipodes, — si vous apparaissiez toujours en l’absence du soleil.


PORTIA.

— Puissé-je être brillante comme la lumière, sans être légère comme elle ! — La légèreté de la femme fait l’accablement du mari : — puisse Bassanio ne jamais être accablé de la mienne ! — Du reste, à la grâce de Dieu !… Soyez le bienvenu chez vous, monseigneur.


BASSANIO.

— Je vous remercie, madame. Faites fête à mon ami : — voici Antonio, voici l’homme — auquel je suis si infiniment obligé.


PORTIA.

— Vous lui avez, en effet, toutes sortes d’obligations : — car pour vous il en avait contracté de bien grandes.


ANTONIO.

— Aucune dont il ne se soit parfaitement acquitté !


PORTIA, à Antonio.

— Monsieur, vous êtes le très-bienvenu en notre maison. — Il faut vous le prouver autrement qu’en paroles : — aussi j’abrège ces courtoisies verbales.

Gratiano et Nérissa se parlent à part avec animation.

GRATIANO.

— Par cette lune que voilà, je jure que vous me faites