Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/280

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pas même le lit de mon mari ! — Ah ! je me lierai avec lui, j’y suis bien décidée ; — ne découchez pas une seule nuit, surveillez-moi, comme un argus. — Sinon, pour peu que vous me laissiez seule, — sur mon honneur, que j’ai encore, moi ! — j’aurai ce docteur-là pour camarade de lit.


NÉRISSA, à Gratiano.

— Et moi, son clerc ! Ainsi, prenez bien garde — au moment où vous me laisserez à ma propre protection.


GRATIANO.

— Soit ! faites comme vous voudrez ! Seulement, que je ne le surprenne pas, — car j’écraserai la plume du jeune clerc.


ANTONIO.

— Et c’est moi qui suis le malheureux sujet de ces querelles !


PORTIA, à Antonio.

— Monsieur, ne vous affligez pas : vous n’en êtes pas moins le bienvenu.


BASSANIO.

— Portia, pardonne-moi ce tort obligé. — Et, devant tous ces amis qui m’écoutent, — je te jure, par tes beaux yeux — où je me vois…


PORTIA.

Remarquez bien ça ! — Il se voit double dans mes deux yeux, — une fois dans chaque œil !… Donnez votre parole d’homme double : — voilà un serment qui mérite crédit !


BASSANIO.

Voyons, écoute-moi seulement. — Pardonne cette faute, et, sur mon âme, je jure — de ne jamais être coupable à ton égard d’un seul manque de foi.


ANTONIO, à Portia.

— J’avais engagé mon corps pour les intérêts de votre