Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/282

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j’ai pour vous des nouvelles meilleures — que vous ne l’espérez. Décachetez vite cette lettre. — Vous y verrez que trois de vos navires — viennent d’arriver au port richement chargés. — Je ne vous apprendrai pas par quel étrange hasard — j’ai trouvé cette lettre.

Elle remet un papier à Antonio.

ANTONIO.

Je suis muet !


BASSANIO.

— Comment ! vous étiez le docteur, et je ne vous ai pas reconnue !


GRATIANO.

— Comment ! vous étiez le clerc qui doit me faire cocu ?


NÉRISSA.

— Oui, mais le clerc qui ne le voudra jamais, — qu’il ne soit devenu un homme.


BASSANIO, à Portia.

— Charmant docteur, vous serez mon camarade de lit ; — et, quand je serai absent, vous coucherez avec ma femme.


ANTONIO.

— Charmante dame, vous m’avez rendu l’être et le bien-être ; — car j’apprends ici comme chose certaine que mes navires — sont arrivés à bon port.


PORTIA.

Comment va Lorenzo ? — Mon clerc a pour vous aussi des nouvelles réconfortantes.


NÉRISSA.

Oui, et je les lui donnerai sans rétribution.

Remettant un papier à Lorenzo,

— Voici, pour vous et pour Jessica, — un acte formel par lequel le riche juif vous lègue — tout ce qu’il possédera à sa mort.