Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/323

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revenu et ce genre de vie, — je veux être votre très-fidèle berger — et tout acheter immédiatement avec votre or.

Ils sortent.

Scène VIII.


[Dans la forêt.]


Entre Amiens, Jacques et d’autres.

AMIENS, chantant.

Que celui qui sous l’arbre vert
Aime s’étendre avec moi
Et moduler son chant joyeux
D’accord avec le doux gosier de l’oiseau,
Vienne ici, vienne ici, vienne ici !
Ici il ne verra
D’autre ennemi
Que l’hiver et le mauvais temps.


JACQUES.

— Encore, encore, je, t’en prie, encore !


AMIENS.

Ça va vous rendre mélancolique, monsieur Jacques.


JACQUES.

Tant mieux. Encore, je t’en prie, encore ! Je puis sucer la mélancolie d’une chanson comme la belette suce un œuf. Encore, je t’en prie, encore !


AMIENS.

Ma voix est enrouée : je sais que je ne pourrais vous plaire.


JACQUES.

Je ne vous demande pas de me plaire, je vous demande de chanter. Allons, allons, une autre stance. N’est-ce pas stances que vous les appelez ?


AMIENS.

Comme vous voudrez, monsieur Jacques.


JACQUES.

Bah ! peu m’importe leur nom : elles ne me doivent rien. Voulez-vous chanter !