Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/324

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AMIENS.

Soit ! à votre requête plutôt que pour mon plaisir.


JACQUES.

Eh bien, si jamais je remercie quelqu’un, ce sera vous. Mais ce qu’ils appellent compliment ressemble à la rencontre de deux babouins : et quand un homme me remercie cordialement, il me semble que je lui ai donné une obole et qu’il me témoigne une reconnaissance de mendiant. Allons, chantez… Et vous qui ne chantez pas, retenez vos langues.


AMIENS.

Eh bien, je vais finir la chanson… Messieurs, mettez le couvert, le duc veut boire sous cet arbre.

À Jacques.

Il vous a cherché toute la journée.


JACQUES.

Et moi, je l’ai évité toute la journée. Il est trop ergoteur pour moi. Je pense à autant de choses que lui, mais j’en rends grâces au ciel et je n’en tire pas vanité. Allons, gazouille, allons.

Amiens chante et tous l’accompagnent.

CHANSON.

Que celui qui fuit l’ambition
Et aime vivre au soleil,
Cherchant sa nourriture
Et satisfait de ce qu’il trouve
Vienne ici, vienne ici, vienne ici !
Ici il ne verra
D’autre ennemi
Que l’hiver et le mauvais temps.


JACQUES.

Je vais vous donner sur cet air-là une strophe que j’ai faite hier en dépit de mon imagination.


AMIENS.

Et je la chanterai.