Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/332

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— l’œil sévère, la barbe solennellement taillée, — plein de sages dictons et de banales maximes, — et jouant, lui aussi, son rôle. Le sixième âge nous offre — un maigre Pantalon en pantoufles, — avec des lunettes sur le nez, un bissac au côté ; — les bas de son jeune temps bien conservés, mais infiniment trop larges — pour son jarret racorni ; sa voix jadis pleine et mâle, — revenant au fausset enfantin et modulant — un aigre sifflement. La scène finale, qui termine ce drame historique, étrange et accidenté, — est une seconde enfance, état de pur oubli ; — sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien !


Orlando revient portant Adam.

LE DUC.

— Soyez le bienvenu !… Déposez votre vénérable fardeau, — et faites-le manger.


ORLANDO.

Je vous remercie de tout cœur pour lui.


ADAM.

— Vous faites bien… — Car c’est à peine si je puis parler et vous remercier pour moi-même.


LE DUC.

— Soyez le bienvenu !… À table ! Je ne veux pas vous troubler — encore en vous questionnant sur vos aventures… — Qu’on nous donne de la musique, et vous, beau cousin, chantez.


AMIENS

Souffle, souffle, vent d’hiver.
Tu n’es pas aussi malfaisant
Que l’ingratitude de l’homme.
Ta dent n’est pas si acérée,
Car tu es invisible,
Quelque rude que soit ton haleine.
Hé ! ho ! chantons hé ! ho ! sous le houx vert.
Trop souvent l’amitié est feinte, l’amour, pure folie.
Donc, hé ! ho ! sous le houx !
Cette vie est la plus riante.