Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/334

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cela n’est pas possible. — Si je n’étais pas dominé par l’indulgence, — je n’irais pas chercher un autre objet — de ma vengeance, toi présent… Mais prends-y garde : — il faut que tu retrouves ton frère, en quelque lieu qu’il soit : — cherche-le aux flambeaux, ramène-le, mort ou vif, — avant un an ; sinon, ne songe plus — à chercher ta vie sur notre territoire. — Tes terres et tous tes biens, — dignes de saisie, resteront saisis entre nos mains — jusqu’à ce que tu te sois justifié, par la bouche de ton frère, — des soupçons que nous avons contre toi.


OLIVIER.

— Oh ! si Votre Altesse connaissait à fond mon cœur ! — jamais je n’ai aimé mon frère de ma vie.


FRÉDÉRIC.

— Tu n’en es que plus infâme… Allons, qu’on le jette à la porte, — et que les officiers spéciaux — mettent le séquestre sur sa maison et sur ses terres : — qu’on procède au plus vite et qu’on le chasse !

Ils sortent.

Scène XII.


[Dans la forêt.]


Orlando entre et append un papier à un arbre.

ORLANDO, déclamant.

Fixez-vous là, mes vers, en témoignage de mon amour !
Et toi, reine de la nuit à la triple couronne, darde
Ton chaste regard, du haut de ta pâle sphère,
Sur le nom de la chasseresse qui règne sur ma vie.

Ô Rosalinde ! ces arbres seront mes registre,
Et dans leur écorce je graverai mes pensées,