Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/351

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

que mon soupirant, passant de sa folle humeur d’amour à une humeur chronique de folie, s’arracha pour jamais au torrent du monde et s’en alla vivre dans une retraite toute monastique. Et c’est ainsi que je l’ai guéri ; et je me fais fort par ce moyen de laver votre cœur et de le curer, comme un foie de mouton, si bien qu’il n’y reste pas la moindre impureté d’amour.


ORLANDO.

Je ne saurais être guéri, jouvenceau.


ROSALINDE.

Je vous guérirais, si seulement vous vouliez m’appeler Rosalinde et venir tous les jours à ma cabane me faire votre cour.


ORLANDO.

Eh bien, foi d’amoureux, j’y consens. Dites-moi où est votre cabane.


ROSALINDE.

Venez avec moi, et je vous la montrerai ; et, chemin faisant, vous me direz dans quel endroit de la forêt vous habitez. voulez-vous venir ?


ORLANDO.

De tout mon cœur, bon jouvenceau.


ROSALINDE.

Non ; il faut que vous m’appeliez Rosalinde.

À Célia.

Allons, sœur, voulez-vous venir ?

Ils sortent.

Scène III.


[Même lieu.]


Entrent Pierre de Touche et Audrey, puis Jacques qui les observe à distance.

PIERRE DE TOUCHE.

Venez vite, bonne Audrey. Je vais chercher vos chè-