Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/384

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résumé, abandonne la société de cette femelle ; sinon, rustre, tu péris, ou, pour te faire mieux comprendre, tu meurs ! en d’autres termes, je te tue, je t’extermine, je translate ta vie en mort, ta liberté en asservissement ! j’agis sur toi par le poison, par la bastonnade ou par l’acier, je te fais sauter par guet-apens, je t’écrase par stratagème, je te tue de cent cinquante manières ! C’est pourquoi tremble et décampe.


AUDREY.

Va-t’en, bon William.


WILLIAM.

Dieu vous tienne en joie, monsieur !

Il s’enfuit.


Entre Corin.

CORIN, à Pierre de Touche.

Notre maître et notre maîtresse vous cherchent ; allons, en route, en route !


PIERRE DE TOUCHE.

File, Audrey, file, Audrey… J’y vais, j’y vais.

Ils sortent.

Scène XX.


[Les environs de la grotte d’Orlando.]


Entrent Orlando, le bras en écharpe, et Olivier.

ORLANDO.

Est-il possible qu’à peine connue de vous, elle vous ait plu ; qu’à peine vue, elle ait été aimée ; à peine aimée, demandée ; à peine demandée, obtenue ! Et vous êtes décidé à la posséder ?


OLIVIER.

Ne discutez pas tant de précipitation, sa pauvreté, nos