Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/385

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courtes relations, ma brusque demande et son brusque consentement ; mais dites avec moi que j’aime Aliéna, dites avec elle qu’elle m’aime, convenez avec nous deux que nous pouvons nous unir ; et ce sera pour votre bien. Car la maison de mon père, les revenus du vieux sire Roland, je veux tout vous céder, et vivre et mourir ici berger.


Entre Rosalinde.

ORLANDO.

Vous avec mon assentiment. Que votre noce soit pour demain : j’y convierai le noble duc et tous ses courtisans charmés. Allez presser Aliéna ; car, voyez-vous, voici ma Rosalinde.


ROSALINDE, à Olivier.

Dieu vous garde, frère !


OLIVIER.

Et vous, charmante sœur !


ROSALINDE.

Ô mon cher Orlando, que cela m’afflige de te voir porter ton cœur en écharpe !


ORLANDO.

Ce n’est que mon bras.


ROSALINDE.

J’ai cru que ton cœur avait été blessé par les griffes d’une lionne.


ORLANDO.

Il est blessé, mais par les yeux d’une femme.


ROSALINDE.

Votre frère vous a-t-il dit comme j’ai joué l’évanouissement, quand il m’a montré votre mouchoir ?


ORLANDO.

Oui, et des prodiges plus grands encore que celui-là.


ROSALINDE.

Oh ! je sais où vous voulez en venir… Oui, c’est vrai ;