Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/392

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ORLANDO.

— Tantôt je le crois, tantôt je ne le crois plus, — comme ceux qui craignent et qui espèrent en dépit de leur crainte.


Entrent Rosalinde, Silvius et Phébé.

ROSALINDE.

— Encore un peu de patience, que nous résumions nos conventions !

Au duc.

— Vous dites que, si j’amène ici votre Rosalinde, — vous l’accorderez à Orlando que voici ?


LE VIEUX DUC.

— Oui, dussé-je donner des royaumes avec elle !


ROSALINDE, à Orlando.

— Et vous dites, vous, que vous l’accepterez, dès que je la présenterai ?


ORLANDO.

— Oui, fussé-je roi de tous les royaumes !


ROSALINDE, à Phébé

— Vous dites que vous m’épouserez, si je veux bien ?


PHÉBÉ.

— Oui, dussé-je mourir une heure après !


ROSALINDE, montrant Silvius.

— Mais, si vous refusez de m’épouser, — vous vous donnerez à ce très-fidèle berger ?


PHÉBÉ.

— Tel est notre marché.


ROSALINDE, à Silvius.

— Vous dites que vous épouserez Phébé, si elle veut bien ?


SILVIUS.

— Fallût-il, en l’épousant, épouser la mort !


ROSALINDE.

— J’ai promis d’arranger tout cela.

Montrant Orlando au duc.