Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/394

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J’ai dansé un pas, j’ai cajolé une dame, j’ai été politique avec mon ami, caressant avec mon ennemi, j’ai ruiné trois tailleurs, j’ai eu quatre querelles et j’ai failli en vider une sur le terrain.


JACQUES.

Et comment s’est-elle terminée ?


PIERRE DE TOUCHE.

Eh bien, nous nous sommes rencontrés et nous avons reconnu que la querelle était sur la limite du septième grief.


JACQUES.

Qu’est-ce donc que le septième grief ?… Mon bon seigneur, prenez en gré ce compagnon.


LE VIEUX DUC.

Il m’est fort agréable.


PIERRE DE TOUCHE.

Dieu vous en récompense, monsieur ! Puissiez-vous être aussi agréable pour moi !… J’accours ici, monsieur, au milieu de ces couples rustiques, pour jurer et me parjurer, pour resserrer par le mariage les liens que rompt la passion…

Montrant Audrey.

Une pauvre pucelle, monsieur ! une créature mal fagotée, monsieur, mais qui est à moi. Un pauvre caprice à moi, monsieur, de prendre ce dont nul n’a voulu. La riche honnêteté se loge comme l’avare, monsieur, dans une masure, ainsi que votre perle dans votre sale huître.


LE VIEUX DUC.

Sur ma foi, il a le verbe vif et sentencieux.


PIERRE DE TOUCHE.

Autant que peuvent l’être des traits de fou, monsieur, et autres fadaises !


JACQUES.

Mais revenez au septième grief… Comment avez-vous