Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/396

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trième, la Riposte vaillante ; cinquième, la Contradiction querelleuse ; sixième, le Dementi à condition ; septième, le Démenti direct. Vous pouvez les éluder tous, excepté le démenti direct ; et encore vous pouvez éluder celui-là par un Si. J’ai vu le cas où sept juges n’avaient pu arranger une querelle ; mais, les adversaires se rencontrant, l’un d’eux eut tout bonnement l’idée d’un Si, comme par exemple : Si vous avez dit ceci, j’ai dit cela, et alors ils se serrèrent la main et jurèrent d’être frères. Votre Si est l’unique juge de paix ; il y a une grande vertu dans le Si.


JACQUES, au duc.

N’est-ce pas là un rare gaillard, monseigneur ? Il est aussi bon en tout, et pourtant ce n’est qu’un fou.


LE DUC.

Sa folie n’est qu’un dada à l’abri duquel il lance ses traits d’esprit.


Entrent l’hymen, conduisant Rosalinde, vêtue en femme, et Célia.
Musique solennelle.

L’HYMEN, chantant.

Il y a joie au ciel
Quand tous sur la terre s’accordent
Et se mettent en harmonie.
Bon duc, reçois ta fille.
Du ciel l’hymen l’a ramenée,
Oui, ramenée ici,
Afin que tu donnes sa main à celui
Dont elle a le cœur dans son sein.


ROSALINDE, au duc.

— À vous je me donne, car je suis à vous.

À Orlando.

— À vous je me donne, car je suis à vous.


LE VIEUX DUC.

— Si cette vision ne me trompe, vous êtes ma fille.