Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/514

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et Rosalinde : Alinda était désolée de la mort de son père, mais elle supporta cette douleur avec d’autant plus de patience qu’elle avait la joie de voir son Saladin sauvé. Dès qu’ils furent arrivées à Paris, Gérismond donna aux pairs et aux seigneurs de ses États une fête royale qui dura trente jours. Ayant convoqué un parlement, du consentement de ses nobles, il créa Rosader héritier présomptif de la couronne, il restitua à Saladin toutes les terres de son père et lui donna le duché de Nemours, il fit de Fernandin son principal secrétaire, et, afin que l’événement fût en tout point joyeux, il fit Montanus seigneur de la forêt des Ardennes, Adam Spencer capitaine des gardes du roi et Coridon intendant des troupeaux d’Alinda.

Dans ce récit doré, légué par Euphuès, vous pouvez voir, messieurs, que ceux qui mettent en oubli les préceptes donnés par leur père encourent un grand préjudice ; que toute animosité contraire à la nature est une tache à l’éducation en même temps qu’une atteinte au bonheur ; que la vertu ne se mesure pas à la naissance, mais à la conduite ; que les frères cadets, quoique inférieurs en âge, peuvent être supérieurs en qualités ; que la concorde est la plus douce des conclusions, et que l’amour fraternel est plus fort que les événements. Si vous retirez quelque fruit de cette histoire, parlez bien d’Euphuès qui l’a écrite et de moi qui vous l’ai rapportée.


Th. Lodge.



FIN DE L’APPENDICE.