Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/94

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VALENTIN.

Madame et maîtresse, mille bonjours !


DILIGENCE, à part.

Oh ! donnez-vous donc un simple bonsoir ! Pourquoi faire un million de façons ?


SILVIA.

Sire Valentin, mon serviteur, à vous deux mille !


DILIGENCE, à part.

Ce serait à lui de payer l’intérêt, et c’est elle qui le paye.


VALENTIN, remettant un papier à Silvia.

— Comme vous me l’avez enjoint, j’ai écrit votre lettre — à cet ami secret que vous ne nommez pas : — j’aurais eu grande répugnance à le faire, — n’était ma soumission à Votre Grâce.


SILVIA, examinant le papier.

— Je vous remercie, gentil serviteur : c’est fait comme par un clerc.


VALENTIN.

— Croyez-moi, madame, cela venait mal. — Ignorant pour qui était la chose, — j’ai écrit au hasard et sans assurance.


SILVIA.

— Peut-être trouvez-vous que c’est trop de peine ?


VALENTIN.

— Non, madame, si cela vous rend service. — Vous n’avez qu’à ordonner, j’en veux écrire mille fois autant ; — et pourtant…


SILVIA.

— La jolie phrase ! Oui, j’en devine la suite : — et pourtant… je n’ose pas le dire ; et pourtant… je ne m’en soucie pas ; et pourtant… reprenez ceci.

Elle lui tend la lettre.

Et pourtant… je vous remercie, — décidée que je suis désormais à ne plus vous donner tant de trouble.